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PRESSE

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France musique

Générations France Musique

Interview et concert en direct et en public de l’ensemble Octetology.

Prodution : Clément Rochefort ; Réalisation : Jean-Claude Mullet ; Collaboration : Xavier Carrère

 

19 février 2022

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Musicologie . Org

Le tango modernísimo des Emedea

Cinq musiciens venus d’horizons divers, mais fanas de tango et de son Dieu moderne Astor Piazzolla, forment depuis 2015 un ensemble copié sur le fameux Quinteto Tango Nuevo qui le rendit célébrissime : bandonéon (Lysandre Donoso), piano (Émilie Aridon-Kociołek), violon (Mathias Naon), guitare électrique (Adrien Marahi), contrebasse (Lucas Eubel Frontini).

Pour qui aime le tango en tant que genre musical, l’audition des 14 titres de ce cédé est un grand plaisir. D’évidence les musiciens en ont ou en ont acquis la substantifique moelle, sont ou se sont imprégnés du style. Ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui où le succès attire les instrumentistes, dont les jeunes générations qui sont en général de merveilleux lecteurs peuvent toutefois manquer, pour ce qui concerne le tango, d’habileté stylistique. Astor Piazzolla a hissé le tango dans le cadre des musiques savantes, mais il ne serait pas tango si la tradition populaire, ses accents, ses tics, ses sautes d’humeur, en étaient totalement bannis.

Le tango du Quinteto Emedea fils du Quinteto Tango Nuevo, est un tango écrit qui évite les exagérations furieuses, larmoyantes, machistes, langoureuses (nous les adorons aussi), mais c’est tango tango.

On ne remarque même pas que les « incontournables », tels Oblivion, Las cuatro estaciones porteñas, Milonga del Ángel, Soledad, ou Libertango, sont absents du programme.

Et pour cause. La démarche des cinq Emedea est de consacrer leurs efforts au répertoire inédit du maître qu’ils retranscrivent d'après des enregistrements d’époque. ce doit être en effet, comme ils l’écrivent dans le livret d’accompagnement (que pour une fois nous avons lu), un long travail. Ils espèrent mettre ainsi en lumière les différentes influences qui traversent l’œuvre d’Astor Piazzola.

Nous sommes ici un peu frustrés, car on n’en dit pas plus. N'aurait-il pas été possible d'exemplariser cette idée par une courte présentation des numéros du programme pour en diriger quelque peu l’écoute : l’origine des enregistrements, ce qui a motivé le choix ?

Il reste que le tango se nourrit du monde dans lequel il évolue, il est chanson à danser, musette, jazz, big band, il est devenu savant, voire académique, on y entend par exemple et entre autres chez Piazzolla des motifs pulseurs inspirés par Stravinski. Dans le fond, c’est une musique qui est faite in vivo par ceux qui la jouent. Piazzola a joué lui-même des versions différentes de ses succès, parfois plus académiques, plus jazz, voire jazz-rock.

Le tango est un genre solide. Tout en absorbant, en brassant des parts hétéroclites du monde, il reste lui-même, fédérateur, comme toute autre musique quand l’humanité s’en mêle.

Jean-Marc Warszawski, novembre 2019

https://www.musicologie.org/19/le_tango_tango_modernisimo_des_amedea.html

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